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Mis à jour le 8.03.2017 à 02:42

Haïti: comment sortir de cette crise électorale?

Demonstrators placed burning tires on the street during a march Tuesday in Port-au-Prince. Hector Retamal/Agence France-Presse — Getty Images Demonstrators placed burning tires on the street during a march Tuesday in Port-au-Prince. Hector Retamal/Agence France-Presse — Getty Images

A analyser le climat politique en Haïti, il y a un grand doute sur l’organisation du deuxième tour des présidentiels prévus au 27 décembre 2015. La question cruciale est comment sortir de cette crise électorale ?

Aucun pays ne peut prôner la démocratie en-dehors des élections libres et honnêtes où les droits de vote des citoyens sont garantis.

Or, c’est exactement l’inverse qui se produit en Haïti. Les élections sont toujours entachées de fraudes et comme conséquence on assiste à des manifestations violentes dans les rues pour protester contre les résultats.

Le phénomène n’est pas nouveau. On a eu la crise en 1995, en 2011 et la dernière en date en 2015.

Haïti: Importance des élections

Les élections constituent un versant de la responsabilité de l’état démocratique avec des assises non existantes dans le système autoritaire ou dictatorial.

A côté de cette dimension, organiser les élections libres en Haïti rime, d’une part, avec raffermissement de la légitimité du pouvoir. Dans un pays où la légitimité des autorités a été pendant des décennies contestée, les élections constituent un pas important pour donner confiance aux partenaires tant nationaux qu’internationaux.

D’autre part, chaque élection réussie est la consolidation de ce que les économistes Torsten Persson et Guido Tabellini appellent, dans leur article Democractic capital: The nexus of political and economic change, « capital démocratique ». Plus un pays pose des actes démocratiques, plus la démocratie se raffermit, plus sa crédibilité en la matière se renforce. Les deux économistes trouvent également un lien de renforcement entre le capital démocratique et le capital physique, ce qui pousse positivement le développement économique, dont une des composantes est l’investissement.

Deuxièmement, dans un pays comme Haïti où la culture du débat n’a pas trop sa place, les élections se présentent comme une période où celle-ci peut au moins occuper les esprits. En effet, dans un pays sans un véritable débat, la projection de l’avenir n’existe pas, ou pas assez. Le bricolage a plus de place, on subit les événements, pour n’essayer d’en débattre qu’après. Au moins avec les élections, d’une part les partis politiques ont la possibilité de présenter leurs candidats, d’affiner leurs stratégie ou idées et, d’autre part, les citoyens acquièrent une culture politique.

Au-delà de l’organisation des élections, qui est certes un pré-acquis, il doit exister un véritable mécanisme transparent de contrôle. Haïti, pour trouver une solution à la crise politique grave qui perturbe l’ordre social doit miser sur le leadership de sa société civile et des acteurs politiques clés partie prenante dans la course présidentielle. Ces acteurs doivent sur l’initiative du gouvernement – forcé à mettre sur pied un comité avec des gens respectés dans la société - pour réfléchir à une proposition à la crise électorale liée aux présidentielles de 2015. Un passage obligé pour résoudre la crise actuelle en Haïti.

Source: JSF Post

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Last modified onjeudi, 26 novembre 2015 19:25