Partly Cloudy

30°C

Port-au-Prine, Haiti

Partly Cloudy

Humidity: 66%

Wind: 24.14 km/h

  • Clear
    24 Mar 2016 32°C 23°C
  • Mostly Sunny
    25 Mar 2016 32°C 23°C
Connexion
Mis à jour le 8.03.2017 à 02:42

Martelly rêve-t-il de la présidence à vie ?

  • Written by Haïti en Marche
  • Published in Editoriaux

Vendredi (20 novembre) la manifestation de Fanmi Lavalas allié aux autres candidats de l'opposition anti-Martelly, a été attaquée à Delmas 95, quartier périphérique de la capitale, par des individus dissimulés dans les cours arrières de bâtiments longeant l'autoroute, qui font tomber une pluie de pierres et autres projectiles sur les manifestants dont plusieurs ont été blessés.

Et lorsque ces derniers ont essayé de poursuivre leurs assaillants invisibles, ils furent reçus à coups de machette. On aurait même entendu des coups de feu.


Toute la presse rapporte une même observation : la police faisant la sécurité autour de la manifestation, n'a rien fait pour arrêter les trublions.


Même qu'elle en aurait profité pour hâter la fin de la manifestation qui avait dès lors perdu son momentum.
Conséquences : plusieurs blessés à l'arme blanche chez les manifestants, peut-être un mort, pare-brises cassées et un carambolage monstre qui bloqua pendant plusieurs heures cette voie si fréquentée.

Le chien revient toujours à sa charogne ! ...


Deux jours plus tôt, le mercredi 18 novembre, la police avait ouvert une pluie de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes sur plusieurs milliers de manifestants parvenant devant le siège du Conseil électoral provisoire (CEP) à Pétionville, banlieue de la capitale, blessant entre autres deux candidats à la présidence, Steven Benoit et Moïse Jean Charles.


On pense à la phrase du professeur Leslie Manigat citant l'Evangile : le chien revient toujours à sa charogne !

On se souvient en effet que Michel Martelly est arrivé au palais national en mai 2011 en utilisant les mêmes procédés.


Prendre possession des rues de la capitale par l'utilisation de gangs menaçant de tout briser sur leur passage, dont des medias (spécialement Radio Tele Ginen, aujourd'hui proche du pouvoir en place), mettant le feu au bureau politique du parti au pouvoir, lors INITE, avec pour candidat Jude Célestin, bref fermant la capitale et toute la zone métropolitaine sous la menace.


Et déjà à l'époque sous le regard complice de la police nationale...

Pression qui jointe à celles exercées en même temps par la communauté internationale (en coulisses) en faveur de Mr Martelly, finira par convaincre INITE de rappeler son candidat, Jude Célestin, qui devait aller au second tour avec Mirlande Manigat (RDNP). Jude Célestin fut remplacé par Michel Martelly, candidat sous la bannière d'un groupement obscur dénommé Tèt Kale.

Or 5 ans plus tard c'est exactement sur le même modèle, en utilisant les mêmes armes, que le président Michel Martelly entend imposer le nouveau candidat de son parti devenu entretemps 'Parti Haïtien Tèt Kale', Mr. Jovenel Moïse.

Intervention des puissances tutrices comme en 2010 ( ?) ...

Des gangs harassant les partisans des candidats d'opposition en vue de prendre un contrôle absolu des rues, une police qui brille par son indifférence à réagir tant que ce sont les Martellistes qui opèrent ...

En attendant, espère notre président, l'intervention des puissances tutrices comme en 2010, pour trancher en sa faveur.

Voici le décor.

L'opposition jure que cette fois-ci ça ne se passera pas comme ça. Plus solidaire apparemment qu'en 2010, la dernière manifestation qui a été attaquée vendredi par les bandes armées au service du président Martelly, réunissait les partisans de presque tous les candidats aux dernières présidentielles dont le premier tour a eu lieu le 25 octobre dernier, nous citons : Jude Célestin (LAPEH), Moïse Jean Charles (Pitit Dessalines), Maryse Narcisse (Fanmi Lavalas), Jean Henry Céant (Aimer Haïti), Eric Jean-Baptiste (MAS), Steven Benoit (Konviksyon) et exceptionnellement aussi l'ex-chef de la police nationale, Mario Andresol, sous l'étiquette Indépendant.

Jovenel Moïse comme un simple pantin ...

En un mot, à peu de chose près, tout ce que le pays compte comme classe politique représentative. A la seule exception du candidat du pouvoir, Jovenel Moïse.

A ce propos, pourquoi celui-ci ne met-il pas aussi ses propres partisans dans les rues ? Si Mr Jovenel Moïse a pu arriver en tête des résultats, tels que promulgués le 5 novembre dernier par le Conseil électoral provisoire pour le second tour de la présidentielle, fixé au 27 décembre prochain, pourquoi ne peut-il pas organiser une manifestation 'pacifique' en sa faveur ? Même une seule pour justifier entre autres les 32% de votes qui lui sont décernés par le CEP, le mettant à la première place pour le second tour ; son poursuivant immédiat, Jude Célestin, fait 25 %.

Mais le parti au pouvoir, Tèt Kale, qui semble utiliser Jovenel Moïse comme un simple pantin, entend plutôt refaire le coup de 2011.

Des bandes menaçantes et armées et une police qui ferme les yeux sur leurs exactions.

Les notes de presse du parti au pouvoir ne sont qu'une pâle copie des communiqués gouvernementaux, quant à eux se faisant chaque jour encore plus menaçants. Comme si le pouvoir était lancé dans une escalade pour tenter d'intimider toute la nation. A la veille du second tour fixé au 27 décembre 2015.

Refaire le coup de François Duvalier en 1961 ...

Or si le régime Martelly doit se résigner à utiliser de pareils procédés, ce n'est pas réellement par choix, c'est parce qu'il a échoué.

Sa popularité est à zéro. En tant que vedette de la musique (locale), Michel Martelly, de son nom d'artiste Sweet Micky, adore faire étalage de son ascendance sur les foules. Or soudain rien ne va plus.

Et Martelly n'a plus qu'une seule arme pour tenter de s'accrocher au pouvoir - obligatoirement à travers un pâle sosie parce que la Constitution lui interdit de rechercher un second mandat consécutif, c'est refaire le coup ... de François Duvalier en avril 1961 : deux ans avant la fin de son mandat, celui-ci organisa ses propres élections qui lui donnèrent un second mandat. Puis finalement en juin 1964, c'est la présidence à vie. Martelly déploie aujourd'hui une telle rage pour ne pas laisser le palais qu'on doit se demander si ce n'est pas là aussi son rêve.

Quitte à régner (à vie) par l'intermédiaire d'un homme de paille.

Comme le dictateur dominicain Trujillo ...

 

Last modified onjeudi, 26 novembre 2015 19:28